Les CD d'adresses e-mail promettent des centaines de milliers d'adresses pour des prix trois cents fois moins chers que les standards du marché. Comment en est on arrivé là et pourquoi il faut bannir ces pratiques.
Avec près de 4000 utilisateurs, dont un nombre significatif de PME vendant leurs services auprès de professionnels (B to B comme on dit), Message Business accompagne au quotidien des entreprises découvrant les bénéfices de l'e-mailing pour leur prospection. Voici le chemin (de croix) qu'empruntent encore malheureusement certaines d'entre elles :
- Je compare des loueurs d'adresses professionnels au prix justifiés mais prohibitifs notamment sur les petits volumes (On dépasse souvent les 350 euros le 1 000 pour un envoi en comptant les frais fixes).
- Je cherche encore un peu et je me retrouve face à une offre un peu plus souterraine de CD comportant des centaines de milliers d'adresses email à usage illimité pour quelques centaines d'euros soit des prix 300 à 400 fois moins cher (une situation unique à ma connaissance).
- Je succombe à la tentation, j'achète le CD et puis.... Commencent les problèmes. Je route en masse, je me fais mettre en spam et de nombreux destinataires se plaignent. Pire que tout, j'obtiens des résultats oscillant entre catastrophique et totalement nul. Mon image de marque se dégrade sans même que je m'en aperçoive.
Au fait, comment en est on arrivé là ?
Les acteurs vendant ces CD ont construit leur business initialement sur des licences de la base INSEE (SIRENE) pour de l'adresse postale.
L'Internet émergeant au début des années 2000, ces acteurs ont constitué des bases d'adresses e-mail par des moyens qui aujourd'hui seraient illégaux : recueil du consentement inexistant, reconstitution de fichier nominatif (nom.prenom@entreprise.com), collecte sauvage et automatisée sur Internet.
Dans ces années là, certains routeurs d'e-mailing ont aussi joué un jeu dangereux en faisant la promotion des CD pour susciter de l'usage (j'ai souvenir d'un commercial sur un salon en 2001 qui me proposait le CD gratuit pour remplir ma base...). L'écosystème est ensuite devenu un vrai bouillon de culture avec l'apparition de micro structures, souvent sans aucun cadre juridique, s'appuyant sur ces CD pour promouvoir des offres dite tout-en-un (création graphique moche + adresses pourries + routage via un smtp défaillant).
La LCEN fut ensuite promulguée pour mettre de l'ordre dans tout ça et l'interprétation faite par la CNIL cadra un peu le contexte spécifique de la prospection B to B. Et pourtant, malgré ce premier cadrage, c'est encore la jungle. Les CD se vendent comme des petits pains et les offres connexes se démultiplient.
En parallèle, nous sommes rentrés dans l'âge de la délivrabilité des e-mailings, des antispams à la vigilance de fer, des white, des grey lists et des blacks list. En effet, aujourd'hui ce sont des centaines de milliards de spams et des milliards d'e-mailing légitimes qui tentent d'atteindre leurs destinataires et y arrivent de moins en moins.
A notre époque où il est de plus en plus délicat de toucher ses cibles, même les plus légitimes, nous recommandons donc de bannir définitivement l'usage des CD.
- Les CD d'adresses sont à la marge de la légalité. Le recueil du consentement de l'adresse nominative reste très flou et le risque juridique est loin d'être écarté.
- Le désabonnement est complexe et vu les délais entre les versions de chaque CD un plaignant peut devenir très virulent. Les blacks list se démultiplient et il est de plus en plus simple de les activer.
- Les propriétaires de fichiers et les intermédiaires doivent penser leur politique commerciale pour faciliter la consommation des petits et moyens volumes en proscrivant les frais fixes.
- Les médias professionnels (presse, salon etc) doivent se méfier des acteurs aux pratiques douteuses et ne pas en faire la promotion.
Mais d'abord et avant tout, les entreprises doivent se rappeler que les résultats avec des CD d'adresses e-mail sont au mieux nuls, au pire carrément négatifs ! Par ailleurs soulignons que l'efficacité E-mailing passe par des bases propres, mises à jour, sollicitées intelligemment et de manières ciblée.

